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Musica Endemica

Genre : Folk, Rock, Trad

Langue : Occitan

Aire culturelle : Valadas occitanas (Itàlia)

Année de parution : 2016-04-01

Créateurs: Lou Dalfin

Editeur : Marduk Records

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Musique endémique. Comme une fleur, comme une maladie. Elle est la musique qui trouve une raison profonde d'exister dans une terre, une histoire, une culture, une langue. Un rêve. De nos vallées, à l'extrême pointe, porte orientale d'un grand espace varié, un espace de parole et de civilisation qui, parfois, n'est pas compris et reconnu même par ceux qui y vivent, ces vallées creusées dans les Alpes par les rivières et les glaciers, ces montagnes marquées par des chemins et des graffitis, traces d'une ancienne et tenace présence humaine, de là part le voyage de Lou Dalfin, un chemin de musique, d'histoires, d'émotions, de souvenirs et de fantaisie.

Sur ce disque, auquel le travail maïeutique de Madaski a su donner les bonnes couleurs, se déroule un autre chapitre de la saga, subdivisé en une série de chansons qui définissent mieux que de nombreuses études anthropologiques et linguistiques l'essence et la nature de la culture d'òc. Car c'est de cela qu'il est question. Lou Dalfin raconte l'Occitanie à travers sa propre vie, pas comme l'on ne faisait que décrire ce que l'on visite, mais comme si les rochers, les arbres, les maisons, les gens vivantes ou passées, les routes, les montagnes, parlaient par eux-mêmes, faisant découvrir la richesse et la profondeur d'un univers entier.

Et les étapes sont nombreuses, de conscrits/héros du Dix-septième (Glòria al Dètz-e-seten) qui, en 1907 à Béziers, ont refusé, de tirer sur la foule en lutte, aux géants (Gigants) Ugo di Vinadio, montagnes humaines dans le tourbillon de la Belle Epoque, aux victimes de la croisade de 1209, comme le noyé (Lo Negat) de Muret qui continue à regarder le ciel, maintenant silloné par des avions, au western provençal de la Bande du Piémont, anciens combattants de la Guerre d'Indépendance incapable de s'adapter à la paix, menés sur le billot (La beata) après avoir terrorisé la population avec une interminable série d'attaques de diligences. Ce sont des histoires du passé et du présent ; I vilejants une invitation faite à Ulysse de rester à la maison, préférant à la fausseté touristique l'exploration délicate et profonde de ses chemins, ou la circulation urbaine délirante dans une ville sœur comme Barcelone, avec Taxis de Barcelona, dans laquelle passé et présent dansent ensemble sur la Diagonale du temps. Ou la parabole sur le provincialisme local raconté dans Provincia Clandestina, grotesque et doux-amer récit d'un concert de Manu Chao à Cuneo. Ou le noir du Darrier Gardian, dernier habitant d'un village dépeuplé qui tue pour conserver la compagnie des touristes joyeux et colorés.

Des chansons (à danser) et des pièces instrumentales, culminant sur cette montagne sacrée de l'Âge du Bronze appelée Roccerè. L'Angel de Serrabona, valse d'adieu, est une chanson en catalan, langue choisie pour souligner le lien entres les occitans et ce peuple courageux qui se bat pour son avenir.

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